Agir : defense intellectuelle I : la cybernetique soft

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Agir : defense intellectuelle I : la cybernetique soft

Défense intellectuelle I : la cybernétique soft

Résumé en bas de page - et nouvel article : Défense intellectuelle II : la nouvelle religion matérialiste

 

Même si il n'est pas aisé de lutter contre un système totalitaire, il devient très difficile, voir impossible de le faire si l'on ne peut discerner ses manœuvres, si celui-ci nous a conditionné. Soit celui ci nous fera alors nous dépenser en luttes inutiles qu'il aura fomenté, soit il nous fera accepter ses desseins, sans que nous puissions en prendre conscience. Ce rôle est aujourd'hui massivement dédié à la cybernétique.

Sans aller plus avant dans l'explicitation des méthodes cybernétiques actuelles, nous allons mettre en cause trois pratiques du système, contre lesquels nous devons lutter, car ils pourraient être considérés comme les mamelles du monde moderne, ses plus efficaces et massifs outils : la publicité, la télévision et les sondages.

 

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La publicité est l'exemple même du conditionnement réussi, ne serait-ce déjà que par son omniprésence, qui est devenue telle que quand on la souligne, le tout-à-chacun est surpris par le fait de relever ce problème, tant il est "naturel" de voir la publicité s'afficher sur tous les murs, tous les écrans, etc., au point que l’œil du citoyen ne passe pas plus de quelques minutes par jour sans en croiser. Elle est omniprésente physiquement, mais aussi dans les domaines qu'elle touche, rien n'est épargnée, étant devenue l'outil favori de la nouvelle religion de la consommation, elle supplante même les religions traditionnelles et en "vend", voir, entre autres, le nouveau marché du "hallal". Ce concept de publicité a même dépassé le cadre de la consommation et de l'économisme en fusionnant avec la propagande politique, voir Edward Bernays, neveu de Freud, le père de cette chimère moderne de la cybernétique et son ouvrage Propaganda, à qui l'on doit « L’ingénierie du consentement est l’essence même de la démocratie, la liberté de persuader et de suggérer ».

Sur un plan plus terre à terre, la publicité n'existe que pour faire vendre, seulement pour le commerce et ne devient reine que dans une société qui est dominée par le primat de l'économie. Et elle en adopte les valeurs - si on peut utiliser ici ce mot - : le mensonge, la duplicité, la persuasion. Car la publicité ne sert plus qu'à forcer à la vente, à persuader le potentiel acheteur que le produit ou le service lui est utile, créant le besoin, tout cela dans une mise en scène soit complètement mensongère, soit lui racontant une histoire tout autre, la base du storytelling, voir à ce sujet Storytelling - La machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits de Christian Salmon. Qui plus est la publicité est un coût superflu, qui crée une caste parasite vivant de ce "service" au détriment - étant du bon côté du manche capitaliste - des forces réelles de production.

Pour toutes ces raisons, la première des actions sera de travailler sur soi, pour d'abord tenter d'éviter, tant que faire se peut, d'être au contact de cette propagande, et surtout de ne pas y succomber, consciemment ou en en étant conditionné. Pour cela l'association et la mise en commun peut servir à s'éveiller à ce sujet et à diffuser, dont les connus Casseurs de pub.

 

 

Instrument privilégié du spectacle de la publicité, la télévision cumule les vices. En premier lieu, soit-disant moment de décontraction et de loisir, le temps passé à regarder la télévision est du temps mort la plupart du temps, il n'y a qu'à voir la qualité du fameux PAF ou le niveau de la production hollywoodienne - si à ce sujet ne comptait que la médiocrité - pour se rendre compte que le peu de matériel "intelligent" nécessite un effort de tri presque surhumain ou une utilisation la plus parcimonieuse de l'écran télévisé. Et tout ce temps passé devant la télévision n'est pas passé à faire autre chose, que ce soit des activités physiques (menant à la consommation active de malbouffe et à l'obésité) ou bien des activités intellectuelles comme la lecture. Alors imaginez quels enfants produisent plusieurs heures de télévision par jour, des enfants perdant des heures précieuses de jeux, d'interactions sociales, d'apprentissages... Les enfants étant une cible privilégiée pour la télévision et les annonceurs publicitaires - comme Le Lay de TF1 : "Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible" -. De même nous sommes tous dans un état de simple réception devant la télévision, réception de tous les stimuli - commerciaux, politiques et subliminaux - que l'on déverse dans notre esprit ; stimuli qui peuvent agir directement sur notre consommation et aussi sur nos rapports sociaux, nous rendant par exemple plus agressifs après visionnage d'acte violent, et à la fois, dans ce cas précis, plus habitué à la violence et par là moins altruiste face aux violences subies par des tiers. Mais sur le fond, inconsciemment, ce matraquage de la bien-pensance est l'outil massif de la propagande politico-culturelle du Nouvel Ordre Mondial : surconsommation, sexualisation des objets et réification des corps, métissage généralisé, américanisation, nivellement par le bas, tous les dogmes du monde moderne passe par la lucarne de cette nouvelle église à domicile que chaque foyer se doit de posséder.

A ce propos, nous n'irons pas par quatre chemins, la solution est simple : "casser sa télévision" et se servir de son ordinateur comme seule source choisie et parcimonieuse de visionnage, dont les enfant en-deçà d'un certain âge devraient être privés. Encore une fois l'approfondissement et la diffusion de ce sujet est primordial, à lire impérativement TV Lobotomie de Michel Desmurget.

 

 

En terme de conditionnement de masse, et de détournement de l'esprit démocratique, rien ne vaut le sondage, prétendant éclairer les citoyens sur ce qu'ils veulent eux-même, poussant dans le domaine médiatique l'effet pervers de la majorité en démocratie et y rajoutant des velléités panurgiques : "les autres pensent comme ceci, pensez comme les autres!".

Sans approfondir une critique du déterminisme scientiste, techniquement les sondages se basent sur des prédictions pour des systèmes qui, plus ils sont complexes, moins sont prédictibles, ce qui ne veut pas dire que répondre par oui ou non à une question de sondage donnera des résultats de prédiction exacts, l'homme n'étant pas une machine. Conscients de la faible rigueur de leurs arguments scientifiques, confrontés à la différence entre leurs prédictions et la réalité, les sondeurs ont dû jongler avec les méthodes qu'ils pouvaient trouver pour s'approcher au plus près de ce qu'au fond le bon sens seul aurait pu déterminé. Du point de vue le plus neutre, le sondage ne donne déjà que peu de gages, mais quand on découvre les conflits d'intérêt entre les instituts de sondage et tous ceux ayant besoin de manipuler l'opinion (gouvernements, partis politiques, groupes industriels, lobbys...), l'on ne peut que douter de la moindre trace de véracité des sondages. Ne serait-ce que parceque la grande majorité de ceux-ci sont commandés et que les instituts de sondage dépendent économiquement de ceux qui les ont commandé.

Qui plus est les sondages ne sont utilisés et diffusés médiatiquement que pour un but précis - si il en existe des non-désirés par l'oligarchie et son pouvoir médiatique ceux-là n'ont aucun moyen d'être diffusés - : tel sondage sur l'insécurité sera diffusé lorsque l'on veut faire pencher à "droite" l'opinion publique, tel sondage sur la pauvreté des français quand on veut la faire pencher à "gauche" ; et tout ceci ne faisant référence que ponctuellement et partiellement à la réalité, dans notre société la pauvreté et l'insécurité sont endémiques, pas seulement visibles en période pré-électorale. A comprendre donc que même si un sondage semble aller dans le sens de votre opinion, celui-ci ne sert pas ce but et dans le pire des cas sert justement à faire que votre opinion se sente de plus en plus proche d'un des deux libéralismes - ou plutôt d'une des deux faces du libéralisme - qu'offre le système.

Aux sujet des sondages, sachant tout cela, n'y voir qu'un instrument de conditionnement et de diffusion de mensonges orientés à dessein et réapprendre à s'informer sans se baser sur la facilité d'analyse qu'ils proposent. De même, sans forcément croire en des "sondages-maison" - les échantillons faibles ne sont pas représentatifs et votre vie n'est pas celle d'un autre -, ouvrir les yeux et se confronter à la réalité - reprendre les transports en commun une fois pour ceux ayant une voiture, visiter un autre quartier de votre ville, voir de vos yeux une grande ville pour les heureux ruraux, etc. - mettra tellement en doute les sondages, que vous en serez définitivement soignés. Et vous pouvez encore une fois vous informer avec, par exemple, Manuel anti-sondages: la démocratie n'est pas à vendre !, d'Alain Garrigou et Richard Brousse.

 

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Se libérer de l'emprise de ses trois instruments du conditionnement moderne n'est pas forcément aisé pour tous, mais, pour toutes les raisons que nous venons de citer, c'est une étape obligée pour se réveiller du sommeil de la pensée libre dans lequel nous entretient avec complaisance le système. Et pour dépasser un autre conditionnement libérale, celui de la pseudo-liberté individualiste et égotiste : diffuser les informations et aider vos proches à se libérer, ce n'est pas une liberté que de se laisser enchaîner !

 

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Conditionnés, endormis par le Système, nous sommes ses marionnettes. A nous de nous délivrer de l'emprise de ses plus puissants outils : la publicité, la télévision, la manipulation démocratique par le sondage. L'omniprésente publicité, vecteur principal de la nouvelle religion de la consommation, par laquelle transite les anti-valeurs de l'économisme : mensonge,duplicité, etc. La non-moins omniprésente télévision, chronophage, incitatrice autant à la violence qu'à la consommation, et qui est l'outil majeur de la propagande politico-culturelle du Système. Et le sondage, grossier outil de persuasion et de manipulation "démocratiques" des foules. Tous ses outils contre lesquels nous pouvons lutter et informer.

Résumé

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