Democratie : Systeme democratique I

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Democratie : Systeme democratique I

Sacro-saint concept si il en est, la démocratie est l'un des piliers majeurs de la justification du Système. Toute action étatique doit être vu comme passée par le prisme de la démocratie et donc être acceptée, acceptée sans même être discutée, car sinon nous tombons dans le domaine antidémocratique, et si la démocratie est parée de toutes les vertus, là nous allons alors sommes dans le domaine du mal : soit l'on est pour la démocratie -et tout ce qui en découle par "notre" consentement - soit l'on entre dans le domaine du mal politique : domaine manichéen par excellence.

 

Essayons donc de voir ce qu'est et où mène la démocratie aujourd'hui. La démocratie n'a jamais été que la direction politique de la volonté de la majorité. De là à croire que la majorité a toujours raison... C'est le premier point sur lequel nous pouvons douter. L'on peut entendre qu'il n'y a pas qu'une majorité, il y en a plusieurs, selon ce que l'on propose à déterminer, mais c'est là qu'entre en scène - serait ce dû à la nature humaine ou plutôt à la nature même du système de démocratie indirecte, la représentation - le système partitocratique : des groupements de citoyens se forment, les majorités se modélisent et se fixent. La volonté de la majorité devient, très généralement, volonté des partis - lors de référendum direct ou autres votations - , et ceci quasi-uniquement lors de votes de représentativité. La démocratie devient alors l'objet de la volonté des partis, constitués des représentants du peuple, celui-ci a encore théoriquement le choix entre les les volontés des partis, mais il doit affiner, réduire son choix aux leurs. Mais de deux choses l'une, n'ayant que le choix entre les volontés des partis - ne représentant pas forcément son avis, voir pas du tout et avec aucun parti ne le représentant jamais - et donc n'ayant le choix que dans le mince faisceau qui lui est proposé - obligatoirement bien plus mince que l'ensemble de la diversité des volontés -, son choix n'est plus le sien, il est fait au mieux par défaut. C'est ici que le deuxième acteur entre en scène, le pouvoir spectaculaire, dans le monde médiatique, de l'éducation, etc.. Car qui dit choix, dit capacité de conceptualiser son choix, de créer son avis, et pas ex nihilo, mais à partir d'un ensemble d'outils pour penser, d'une culture et d'informations vraies. Il est bien sûr aussi utopique de croire au citoyen parfait qu'au pouvoir parfait, mais de là à vouloir façonner l'ensemble de la volonté d'un peuple pour prémunir ceux que la société juge comme encore - ou pour toujours, malades mentaux par exemple - incapable de faire un choix bon pour eux et pour leur relation aux autres, il n'y a qu'un pas, que l'on franchit allègrement au nom de l'éducation d'un peuple que l'on sort toujours, au nom du Progrès, des nimbes de l'obscurantisme. L'éduquer, oui, en lui donnant les moyens de sa réflexion, le formater, c'est bien à ce quoi l'on tend aujourd'hui. Car en plus de ce conditionnement négatif, si le pouvoir politique, sous quelconque forme, détient ou est fusionné avec le pouvoir médiatique, se finalise une cybernétique négative, de formatage de masse, voir de sidération complète, et toujours ceci au nom du peuple - enfin d'une de ses majorités -, par le peuple et pour le peuple. A ce moment là, après avoir substitué aux choix du citoyen un faisceau déterminé de choix des partis - jusqu'au mode binaire du bipartisme anglo-saxon -, c'est sa capacité même de choisir qui est est modelée, se volonté qui est subvertie. Et pour finaliser le cheminement, un troisième acteur de réductionnisme entre en jeu, celui qui peut mener au plus petit nombre de choix possibles, et par là à détruire même le concept de pluralisme des opinions sous-tendant le système démocratique et donc la démocratie en elle-même. Car on mène alors le citoyen devant des choix politiques qui peuvent se réduire jusqu'au bipartisme, qui lui même depuis la naissance de la démocratie moderne est une polarisation entre les forces conservatrices et les forces progressistes, les forces conservatrices glissant continuellement vers les choix des forces progressistes, ce qui finalement tend à donner un seul choix, mais retardé chronologiquement si l'on tend vers un des deux ensemble de partis. Nous pouvons même alors discerner un méta-réductionnisme des choix politiques, quand ce n'est plus le politique lui-même qui est son propre maître, ainsi le champs des possibles du politique se trouve confiner dans un autre domaine, qui le supplante car l'englobe, nous avons cité l'exemple du progressisme, mais est encore plus prégnant celui du domaine économique, par le productivisme et le capitalisme. A ce point là, le citoyen, manipulé, a perdu toute volonté et capacité d'action politique, après lui ce sont même ses pseudo-représentants, les membres du corps politiques qui ont eux même perdu toute capacité d'action, des intérêts supérieurs ayant pris le pas. Bureaucratie, pouvoir oligarchique, soft-dictature, il y a comme pouvoir ce que l'on veut, mais plus de démocratie.

Nous avons tenter là de brièvement exposer les affres dans lesquelles tombe la démocratie moderne et le cheminement qui mène à la négation de l'idéal qui devrait soutenir ce concept de démocratie. Synthétique notre exposé l'est pour permettre de retrouver chaque phase des histoires politiques - très similaires - des différents peuples et se faire une opinion quand à la place de notre système politique actuel. Opinion, nous le pensons, qui peut rejoindre celle que le système démocratique actuel est particulièrement biaisé et loin de l'idéal qui y est rattaché, que nous tenterons d'expliciter dans un prochaine article.

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