Un pas de plus vers ... : Les medias I

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Un pas de plus vers ... : Les medias I

Un pas de plus vers... est une série d'articles traitant des conditions actuelles nous menant à grand pas vers... un destin incertain, renversement complet du Système ou sa mainmise totale sur tous les peuples.

Chaque jour, les médias nous assaillent - où devrions nous dire, malheureusement, pour la plupart d'entre nous, nous abreuvent - de faits divers plus prodigieux - antinomiquement parlant - les uns que les autres, aggravant la sidération des réceptacles du Spectacle intégré, avec une nette accélération récente de la retranscription - toujours biaisée pour un but déterminé - des violences profondes de la société actuelle. Pour paraphraser Guy Debord nous pourrions dire que "le média, devenu intégralement marchandise, doit aussi devenir la marchandise vedette de la société spectaculaire".

L'outil médiatique du terrorisme est le principal pilier de la création d'un sentiment d'insécurité global, bien différent celui ci de la réelle insécurité physique - nous y reviendrons dans un autre article mais il est bon de comparer en terme d'actes terroristes la France et l'Irak -, entre autres des violences produites par le nouveau lumpenproletariat - celui ci comme réel moyen de production désincarné entre les mains du Système. Mais actuellement, cet outil médiatique est en passe de devenir un outil de test pour mesurer cette sidération du peuple : il n'est même plus besoin d'être initié à une lecture approfondie des mensonges médiatiques, car leur fausseté est maintenant révélée, quasiment au grand jour, et parfois directement dans les enseignes certifiées "Pensée unique" des mass media. (Affaire Merah - DCRI, Terrorisme de Londres / M. Adebolajo - MI5 : meurtre d'un soldat à Londres, le MI5 aurait tenté de recruter un des suspects / le pire cauchemar du MI5 devient réalité : cités comme cas récents du nouveau terrorisme de "loups solitaires"). Ainsi entre les infanticides, quasi-hebdomadaires, les meurtres crapuleux et leurs dommages collatéraux dont certaines villes ou régions se font la spécialité - comme de nouvelles coutumes et cultures locales -, les crimes sexuels et pédophiles, la sidération médiatique passe par une spectacularisation la plus crue d'un terrorisme que les pouvoirs politiques occidentaux créent, manipulent et orientent. Ce qui ne devrait être, tout compte fait, une information qu'aucun pouvoir ne voudrait voir diffusée, est distillée ouvertement. Peut-on alors y voir une victoire du média-citoyen et libre, version Wikileaks? Ou peut-on alors y voir une rébellion du "pouvoir médiatique" contre le pouvoir politique - connaissant l'imbrication extrême des deux et leur dépendance absolue face au pouvoir économique (euphémisme dans une civilisation économico-centrée, se noyant dans le fétichisme de la marchandise)? Ni l'une, ni l'autre de ces propositions semblent en être l'explication : le média-citoyen est tout aussi conditionné que le citoyen, il ne peut être libre, car le citoyen ne l'est pas, au mieux l'investigation et la critique sont noyés dans la masse monumentale des informations journalières ; et comme nous le disions il ne peut y avoir scission que "théâtralisée" entre les diverses parties du Pouvoir, avec certes parfois quelques cafouillages dus à des confrontations de clans subalternes, mais ceci n'a rien de systémique.

Il est plutôt à y discerner l'entrée dans une ère de guerre au "bon sens" menée par le Système, une guerre à la common decency, véritable répétition à 1984 de George Orwell, où le Peuple devra accepter l'inacceptable, le faux, sa ruine, où il devra tout accepter.

– Combien de doigts, Winston ?

– Quatre. [...]

– Combien de doigts, Winston ?

– Cinq ! Cinq ! Cinq !

– Non, Winston, c’est inutile. Vous mentez. Vous pensez encore qu’il y en a quatre. Combien de doigts, s’il vous plaît ?

– Quatre ! Cinq ! Quatre ! Tout ce que vous voudrez.

Des violences subies - car toutes les conditions réunies pour -, transformées en sentiment d'insécurité, le pouvoir prétendait encore en prémunir le Peuple, il pouvait encore prétendre mettre au ban ceux des siens qui avaient fauté ou cacher leurs fautes, mais aujourd'hui : on affiche tout. Des frasques sexuelles des puissants et des précautions prises pour les voiler, dorénavant de DSK aux révélations de Luc Ferry (ou de Cohn-Bendit dans un genre plus personnel...), on montre, on en parle (beaucoup) et on oublie. De même pour le mercenariat et la déstabilisation, le terrorisme "made in Washington", on en sait tout, de qui le finance (le contribuable américain par le FBI et la CIA), de qui l'arme (France, Qatar, Arabie Saoudite, etc.), à comment on fait disparaître les pions qui ne sont plus utiles (détention arbitraire sans jugement depuis plusieurs années à Guantanamo), pour effacer les traces des opérations. Car en plus de tout accepter, l'on devra tout oublier. Encore une fois revenant à 1984, et à la doublepensée orwelienne.

Que des oligarchies aient tenté de faire tout avaliser au Peuple, cela a pu arriver, par excès de zèle ou par essais, qu'ils aient tenté de tout lui faire oublier, de même, le mensonge est antédiluvien, mais jamais auparavant une oligarchie a eu les moyens techniques, le complet pouvoir médiatique et une science, la cybernétique, pour arriver à ses fins. L'on peut même dire qu'auparavant aucune oligarchie n'avait été façonnée dans une matrice le conditionnant à une telle optique totalitaire, à pousser aussi loin ces raisonnements.

Raisonnements, qui, factuellement menés à leur terme, justement mènent dans le cas précis de 1984 et autres dystopies - comme révélateurs des totalitarismes - à être mis en abysse dans un parallèle aux Protocoles des Sages de Sion - la condition antisémite en moins - : tout est écrit, a été prévu, il faut s'en prémunir... mais nous vous dévoilons que cela arrive jour après jour et, « tranche après tranche, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien », la tactique du salami est appliquée pour liquider la liberté de penser et de conceptualiser autre chose que la pâture abreuvant jour après jour les réceptacles dédiés à cet effet...

 

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